Extraits de romans

Mardi 25 septembre 2007
Voici un tout autre extrait de roman, toujours en cours d'écriture et loin d'être terminé (!). A l'origine, je voulais écrire une saga. Trop long, trop minutieux, j'avais peur de m'embourber dans les méandres de la trilogie, tétralogie... Le genre s'inscrit clairement dans l'heroïc-fantasy. La trame évolue dans un monde aux allures celtes et faerûniques (par clin d'oeils). Je vous laisse lire les deux passages extraits de ce roman Lywenna.

Extrait 1:

"Le vent gémissait dans les arbres comme une longue et douloureuse complainte et dévorés par ce souffle, les branchages tentaient désespérément de retenir prisonnières les dernières feuilles qui ne s’étaient pas déjà enfuies, rougies par l’automne. Celles qui gisaient à terre ou qui flottaient sur les eaux avaient dû se détacher des branches dès les prémices de la saison.
D’après les échos que lui transmettaient les légers soubresauts de la terre, elle imaginait un tel paysage, désolé par le soleil dont les rayons n’ont plus la force de réchauffer le sol. Celui-là, devenu gris par le ciel qui ne cesse de pleurer que pour laisser les nuages l’obscurcir, devait être une terre fangeuse où apparaissaient de temps à autre quelques racines squelettiques. A l’horizon, des géants sylvestres semblables à des statues de pierre dépérissaient peut-être, comme si leur sève, dans une lutte courageuse, parcourait difficilement les sinueux chemins qui mènent aux branches. Ce paysage était présent dans son esprit mais les récits d’autrefois s’étaient effacés et au fil du temps, elle avait transformé ce décor qui ressemblait, aujourd’hui, plus à un rêve éthéré qu’aux simples tourments de la nature.
Cela faisait longtemps qu’elle habitait dans les souterrains de ce monde que les humains appellent le Sidh ou le monde de félicité. Elle s’y sentait bien et vivait sereinement entourée de ses sœurs et mères. Dire qu’elle n’y était pas heureuse aurait été faux… mais au fond d’elle-même, un petit quelque chose lui manquait. Quelque chose d’indéfinissable. Comme un sentiment auquel elle était étrangère. Pourtant, ce sentiment peuplait son esprit d’idées confuses et son seul désir était de tout comprendre. Pour cela, il n’y avait qu’à attendre. Attendre que l’heure du rite soit venue."

Extrait 2:


"- As-tu revu Dorgaïn le Rouge ? demanda Lywenna en relevant la tête,
- Ça, je ne peux te le révéler. Il faut attendre la suite de l’histoire… mais déjà, je peux te dire que la rencontre avec le vieil homme conditionna tout le reste de ma vie « humaine ». Jamais je n’aurais cru qu’il existait des humains aussi sages et généreux. A mon départ des souterrains, je les imaginais plus… comment dire ? … plus indolents.


Lywenna fit un petit hochement de tête en signe d'acquiescement.Bryndlenn prit un profonde inspiration et, tout en caressant la longue chevelure de sa fille, continua son récit d’une voix à demi-apaisée.

- Les longues heures de marche me permirent de découvrir des paysages merveilleux : de vertes prairies qui s’étendaient à perte de vue puis des vallons arborés ou rocailleux. La route était cependant déserte, je n’avais croisé nul humain jusqu’à ce que j’arrive dans une petite bourgade appelée Lonchaelon. Toutes les maisons étaient concentrées autour d’une place où des enfants couraient et jouaient, des femmes parlaient entre elles et semblaient se moquer d’un jeune homme aux longs cheveux blonds, sous un chêne, qui chantait accompagné de sa harpe. Il était vêtu d’une tunique d’un rouge tirant vers l’orange, tombant à mi-cuisse, tenue par une large ceinture en cuir marron et resserrée au col par des liens d’un cuir semblable, puis de braies d’un beige assez prononcé. D’ailleurs, c’est la première personne à laquelle j’adressai la parole en arrivant.

- Pardonnez-moi… Mais pour qui chantez-vous ? dis-je.

- Bien étrange question ! Chante-t-on vraiment pour quelqu’un ou seulement pour soi ? Peut-être chante-t-on pour la nature ! Après tout, oui c’est ça, je chante pour la nature, me répondit-il alors qu’il se remit à frotter les cordes de son instrument. Pour les arbres, les petites fleurs, l’herbe fraîche qui frissonne sous le vent, pour l’eau des rivières qui chante en chœur avec moi et les oiseaux qui me répondent et…

- D’accord, d’accord, dis-je en le coupant dans son entrain. Je me demandais... dans quelle village somme-nous ?

- Dans quel village ? Etrrrange étrrrangère… qui ne connaît même pas la sublime, la majestueuse, l’incomparable, la si précieuse…

- La si précieuse…oui ? repris-je, un peu agacée par son ton emphatique,

- Hmmm, pardon. Nous sommes à Lonchaelon, avec un « CH » et pas un « K » ou un « C », ce qui serait complètement disharrrmonieux, vous en conviendrez… La poésie de ce lieu est égale à celle de son nom, savez-vous, damoiselle, ce que LonCHaelon veut dire ? Hein… Non, bien sûr, vous ne le savez pas. Vous n’êtes pas d’ici, cela se voit, alors comment sauriez-vous cela… A moins que vous ne veniez de la grande ville au nord, Terghûn ? C’est tout à fait possible, les gens de là-bas sont un peu bizarres comme vous… surtout dans la guilde des Scripteurs. Vous n’en feriez pas partie par hasard ? Ceux-là, toujours à critiquer notre noble province, pas assez ceci, pas assez cela. Bref, eux, les Scripteurs passent leur temps à écrire. Sur nous, les autres, les villes, les forêts… notre monde quoi ! Et ce serait bien étonnant qu’ils ne sachent pas la signification profonde de Lonchaelon ! Non, vous croyez pas ?

- Euh, non, enfin, je ne sais pas, dis-je un peu perdue par son flot enfin stoppé de paroles. Je ne connais pas ces gens, ni ce lieu dont vous me parlez. Je suppose…

- Ah, vous supposez ! Et quoi donc ? Je me le demande ! Et vous aussi, vous vous le demandez, n’est-ce pas ?

- Euh, je vais vous laisser. Je m’excuse de vous avoir importuné… lui répondis-je en faisant demi-tour."


***

Ces deux extraits sont assez éloignés l'un de l'autre dans la trame narrative cependant, ils donnent un bon aperçu de ce qui attend le lecteur, de ce qui attendra, devrais-je dire.
Par Lyskald
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Lundi 3 septembre 2007
Je vous propose de découvrir un extrait de mon roman L'Atrabilaire  qui  est en fin d'écriture.  La trame de l'histoire se déroule au beau milieu d'un siècle décadent où les grandes envolées lyriques  se déclamaient dans les salons littéraires.  Mais notre héros, lui, n'a pas  ce privilège, il renâcle à ces choses  convenues.  

Extrait:


I

Les préludes de l’orage


Acclamez ces alcools qui me remplissent l’esprit
 Bien plus fort que mes entrailles déchirées !
Car, l’eau qui goutte de mes lèvres desséchées
Est de l’acide qui ronge mes sens meurtris !
Je crie à la déchéance qu’elle n’est pas mon dessein,
J’accède plus pur, souillé de ce vice, à ce chemin
De mon âme qui m’attendait, lasse de ce vin
Dont se repaissent les fleuves, bénis de ce refrain !

Chantez, gobelets d’étain, verres de cristal,
Vos flots de vertus ne sont que décadence !
Combien avez-vous nourri de bacchanales
Qui devinrent vite révoltes à la potence !
Le pouvoir que vous me confiez m’exulte,
La tâche ne s’avère que plus difficile,
L’âpre désir, qui bientôt en résulte,
N’est que votre jalousie sur mon empire imbécile !

Ah ! Le matin point à ma fenêtre,
Déjà je vous quitte, ma gorge pleure,
Avec vos regrets absolus que je sens naître,
Mais mon amour jamais ne meurt.
Le soir si beau vous fera revenir près de moi,
Si triste, le couchant me torturera et les aveux
Que vous m’arracherez, me mettront en émoi,
De vous, je me consolerai dans nos péchés affreux.


Ainsi, avant que le crépuscule ne se soit abattu sur les cieux
Et que je retourne à ces degrés qui enivrent mon sang,
Je partis à la quête d’un sentiment réfugié dans mon jardin :
Celui de ma solitude sublime que j’aime à savourer là où je ne suis jamais seul.
Passé les chemins pavés de la ville noire et embrumée des fumées industrielles,
Une fois franchies les grilles du parc où les promeneurs s’en vont légers et nonchalants,
Je parcourus les allées de gravier.
Là, je me suis allongé sur ce banc qui m’avait apostrophé,
Prédestinés à nous unir sous cette jungle qui nous abritait alors.
Les yeux ouverts, je marchais dans la forêt de mes songes.
Je priai la nature hostile de m’accueillir en son sein ;
Elle ne me donna que ses reflets les plus beaux.
Je les gravai en mon âme.

 

***

L'intrigue reste entière, aucune ficelle n'est donnée dans ce passage. Seule l'ambiance est posée.

Par Lyskald
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