Les oghams ou encore l'alphabet oghamique est la plus ancienne forme d'écriture connue chez les Celtes. Ce peuple pensait qu'un de leurs dieux,
Ogma, en était l'inventeur. Créé à partir de l'aphabet latin, vers le IIIème siècle après J.C., il est composé de vingt lettres réparties en 4 familles (Aicme) de 5 lettres ( les 3
premières pour les consonnes, la dernière pour les voyelles). Plus tard, ils ajoutèrent une 5ème famille réunissant les sons étrangers.
Les lettres oghamiques sont aussi des symboles. Chaque lettre renvoie à un mot précis et ce mot est lui-même le nom d'un arbre. Ces
arbres sont classés en 3 catégories: les arbres nobles, les arbres rustiques et les arbrisseaux.
La première famille dite Aicme Beithe (famille de la lettre B soit Beithe) réunissait les lettres:
B (son b et v), L, F, S, N
La deuxième dite Aicme Huatha (lettre H) contient les lettres:
H, D, T, C (son K), Q (son kw)
La troisième, Aicme Muine (lettre M):
M, G (son g dur), NG (son gw), Z (son sw), R
la quatrième, Aicme Ailme (lettre A):
A, O, U, E, I
Enfin la cinquième famille tardive comporte les sons:
EA, OI, UI, IO, AE
Il est à noter que seuls les druides possédaient le droit (et le don) d'écrire les oghams. La transmission orale étant prédominante dans cette culture,
l'alphabet oghamique ne servait donc qu'à écrire des épitaphes ou des louanges aux dieux.
La pierre levée était le support majoritaire pour l'écriture oghamique. On écrivait du bas en haut sur l'arête de la pierre puis l'on redescendait sur l'autre arête si l'épitaphe était longue.
(voir ci-contre)
A quoi ressemblent les oghams?
A partir d'une ligne verticale, symbolisant l'arête d'une pierre, le nombre, la longueur et la direction d'une encoche correspondaient aux différentes lettres. Il y a celles qui vont à gauche,
celles à droite, les encoches traversantes et les encoches traversantes en oblique. Pour la 5eme famille, celle des sons étrangers, les encoches sont plus figuratives et stylisées.
Les schémas ci-dessous vous aideront à visualiser toutes les lettres de l'alphabet oghamique.
L'écriture oghamique n'est pas que verticale; manuscrite, elle pouvait être horizontale. Du coup, les encoches allant vers la droite vont vers
le bas, celles de gauche, vers le haut.
Voilà, vous pouvez, si vous le souhaitez, écrire à la manière des druides celtes grâce à cet alphabet.
Par Lyskald
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Sur son blog, Almaterra écrivait ceci, en détournant une citation de Marivaux
:
"Bien lire un blog, c'est presque y laisser un commentaire",
ce à quoi je répondis que c'était là un joli aphorisme et Almaterra ajouta qu'il faudrait bien qu'il aille un jour vérifier la définition ce mot:
aphorisme. L'idée de l'article a jailli comme un geyser dans les plaines de ma réflexion.
Car l'aphorisme est un concept que tout un chacun se représente assez bien mais, de là à le différencier de la maxime, l'adage, le dicton ou le
proverbe, c'est déjà autre chose.
Alors pour bien commencer, notons qu'aphorisme est un substantif masculin, on dit donc un aphorisme et non pas une aphorisme. Comme toujours, l'étymologie est une grande aide pour découvrir le
sens premier de ce terme. Il est tiré du latin asphorismus lui même emprunté au grec "ἀφορισμός" (aphorismos) signifiant "definir, délimiter". Un
aphorisme, c'est donc résumer en peu de mots une vérité pratique comme le célèbre Ars longa, vita brevis (l'Art est immuable, la vie est courte) d'Hippocrate. Le but
d'un aphorisme est la réflexion provoquée par la brièveté, la précision et la justesse de l'énoncé. En somme, comme un éclair de génie.
En quoi l'aphorisme est-il donc différent des autres types d'énoncés courts ?
Que ce soit l'adage, le dicton, le proverbe ou la maxime, tous font référence à un principe général ou lieu commun. En quelque sorte, ce sont des redites de choses que l'on sait,
il n'y a rien de neuf, ni de trouvaille de l'esprit. Ce sont juste des résumés de vérités pratiques mais éculées.
La maxime est sur le même principe mais ajoute à celà une connotation morale. Ainsi, il n'est pas rare d'ultiliser la morale des fables de La Fontaine comme
maxime seule. Par exemple, Rien ne sert de courir, il faut partir à point...
L'aphorisme, lui, est un trait de l'esprit voulant définir une vérité
sur un principe particulier. Si tous ces énoncés courts se suffisent à eux-mêmes pour être compris, l'aphorisme, contrairement aux autres, appelle le débat, la réflexion, un processus vers
d'autres pensées.
Je concluerais cet article par les parodies des aphorismes.En effet, l'aphorisme, en tant que mot d'esprit, a proliféré dans les salons bourgeois et littéraires du XIXème siècle. Ainsi, il n'est
pas rare d'associer parfois pédanterie et aphorisme. Ce qui a donné l'idée à d'autres génies d'en faire des parodies.
Les absents ont toujours tort de revenir. Jules Renard
L'argent ne fait pas le bonheur des pauvres. Coluche
Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie. Paul Valéry
Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose. Pierre Dac.
J’ai le plus profond respect pour le mépris que j’ai
des hommes. Pierre Desproges
Par Lyskald
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Vendredi 21 septembre 2007
- Mot sauvé dans le Refuge des Mots -
Voilà un mot bien curieux, à la sonorité rigolote et qui pourtant, gagne à être connu. Ce terme désigne tout simplement un recueil de fables et souvent de fables
mettant en scène des animaux. L'étymologie va nous éclairer grandement sur le pourquoi de ce mot singulier. Ysopet vient d'Esope, auteur et fabuliste de l'Antiquité grecque. C'est au Moyen-Âge
que le terme fut inventé pour désigner les recueils de fables s'inspirant des fables d'Esope ou écrites à la manière d'Esope, c'est-à-dire des "petits ésopes".
Toutefois, à cette époque, la fable était mal considérée par rapport au roman qui ne désignait pas encore une fiction mais plutôt le récit sublimé de personnages ayant existé et écrit ou taduit
du latin en langue romane (ancien français). Aristote disait des fables que trois conditions les caractèrisent: le fictif, l'allégorique et le didactique. Marie de France qui fut connue pour
ses lais a également écrit des ysopets et s'est notamment justifiée sur la valeur des fables : "Mais il n'y a de fable si légère qui ne présente des leçons de sagesse contenues dans les
moralités qui les suivent et qui portent la signification profonde des récits".
Enfin, il ne faut pas oublier qu'une grande partie des fables de la Fontaine sont inspirées largement des fables d'Esope ainsi que de leur traduction romane. Le Loup et l'Agneau, par
exemple, n'est pas une création originale de l'auteur du XVIIème siècle mais bien une variation sur une fable depuis longtemps contée.
Par Lyskald
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