3 - La falaise et l'océan

Publié le par Lyskald

Nous sommes jeudi et voici donc la nouvelle du jeudi que vous attendez. En ce jour de la St-Valentin, je ne pouvais pas passer à côté d'une histoire "sentimentale". Lisez , vous serez surpris, enfin je l'espère! Pour lire les autres nouvelles, cliquez sur le lien Webserial sous la bannière. Merci :)


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La falaise et l'océan

Le soleil timide dardait ses premiers rayons rosés alors que l’horizon semblait encore sourd et diffus. Déjà, le refrain lancinant de l’océan se balançait en écho entre ciel et terre.  Sur le rivage, les graviers ne pipaient mot et contemplaient de leur horizontalité la vertigineuse falaise. Sa chevelure herbeuse était balayée par les vents marins et parfois, quelques larmes rocailleuses s’échappaient de ses escarpements. Alors l’océan courtois les prenait dans son écume pour les recueillir dans son immensité. Il les échangeait en coquillages nacrés qu’il déposait subrepticement sur la grève argentée. Sous le zénith, la falaise voyait ces bijoux étinceler et remerciait l’océan pour ses présents. Mais ces touchantes attentions n’estompaient pas sa mélancolie.

Un matin dans la brume vaporeuse, la falaise découvrit à ses pieds des planches de bois détrempées, éparpillées sur la côte. D’autres larmes de roche roulèrent le long de sa paroi. Elle pensa au navire qui avait dû sombrer cette nuit dans les eaux sombres et lointaines. Puis, quelques vagues claquèrent près d’elle et se retirèrent laissant sur les graviers les flocons cotonneux de l’écume. Entre les flocons, dormaient quelques naufragés. Le soleil, bientôt, pointa des rayons doux sur leur visage éprouvé. Leurs yeux s’écarquillèrent. Regardant la falaise comme une nourrice, ils se pressèrent contre son flanc. La falaise, à son tour, les contempla comme des enfants égarés puis glissa à l’océan un sourire serein. Ce dernier lui répondit par des caresses d’écume amenant sur le rivage d’autres coquillages précieux et quelques bagages perdus.


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almaterra 16/02/2008 17:52

A toi qui aime l'écriture, je te propose un concours sur mon blog intitulé "Les plus courtes sont les meilleurs" en collaboration avec une personnalité connue de tous !

Lyskald 17/02/2008 16:36

Je viens d'y jeter un oeil, quel luxe François Corbier! Cela me rappelle mes années Dorothée mais je ne sais pas si j'arriverai à écrire une chanson-flash!

Chana 16/02/2008 09:57

J'ai beaucoup aimé "les larmes de roche". C'est très joli. Quant à ton texte, je le trouve non seulement beau mais poétique et émouvant. Merci Lyskald. Passe un bon samedi. Bises à toi.P.S : je devrais venir te voir plus souvent car je suis en train de passer à côté de bien jolies choses chez toi.

Lyskald 17/02/2008 16:36

Merci beaucoup pour tous ces compliments!

Plume 16/02/2008 09:00

C'est joli ... presque l'image se substituerait aux mots mais j'aime trop les mots ! Bnjour, tu as été mis en avnat chez chana alors la curiosité me poussant je viens voir ... à bientôt, amitié

E-Lio 15/02/2008 19:23

juste waouh ! quel talent... tout simplement.Tu es féru de métaphores et bien cela semble me convenir... j'aime lire ces nouvelles, car très courte (je suis une grande impatiente !) mais pleines de voyage.En quelques lignes, on est transporté dans un autre monde, il faut lire lentement car tous les mots ont vaiment leur sens... pas de blala pour faire trainer le suspense et pourtant tout est là quand même, c'est magique !Je ne suis pas une très grande lectrice pourtant, j'aime mieux écrire, mais là je m'incline... et attend la prochaine avec impatience.A bientôt Eloïse

Lyskald 17/02/2008 16:33

Merci beaucoup d'avoir lu avec autant d'attention ma nouvelle. Ravie qu'elle t'ait plu! J'espère donc à la semaine prochaine :)

alaligne 14/02/2008 19:54

Superbe idée... les larmes de la falaise et énigmatique échouage à son flanc. Le fux des larmes et le reflux des coquillages... j'ai beaucoup aimé.Vont-ils survivre ses naufragés?